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Nous sommes arrivés depuis avant hier soir et avons commencé à nous installer. La base est un ensemble de bâtiments reliés ensemble par des passerelles en grille métallique. Elle se situe sur un ilot rocheux à proximité du continent. Cet ilot est aussi et surtout un lieu de nidification pour les manchots, d’abord les manchots empereurs pendant l’hiver et en ce moment les manchots adélie.

Nous sommes arrivés par hélicoptère… c’était notre baptême à Didier et moi. J’avais la grande chance d’être assis à l’avant, à coté du pilote. Un vol en hélicoptère aurait déjà été une expérience incroyable pour nous mais les paysages qui nous étaient offerts étaient tout simplement grandioses, avec de grands icebergs fichés dans la banquise, des groupes de manchots allant de l’océan à la manchotière de Dumont d’Urville (ou l’inverse, c’est difficile à dire à cette altitude !), et quelques phoques sur la banquise. Extraordinaire ! Les 15-20 minutes de vol sont passées tellement vite, j’ai l’impression que ça n’a duré que 2 ou 3 minutes.

Cette grande beauté représente cependant un sacré handicap pour les manchots adélie. En effet, la débâcle n’ayant pas eu lieu, il leur faut traverser 40 km de banquise pour aller se nourrir, puis 40 km pour revenir au nid. Du coup, beaucoup d’œufs et de poussins ont été abandonnés par les parents. La reproduction pour la communauté n’aura donc pas été bonne cette année. Il y a tout un groupe d’ornithologues qui travaillent sur le suivi des manchots (entre autres) et qui observent les conséquences de ces conditions exceptionnelles.

Le retard de la débâcle ne veut pas dire qu’il fait plus froid que les autres années. En fait, cette année, la température de l’air est restée positive plus longtemps que d’habitude et la neige sur le rocher a beaucoup fondu. Mais les vents forts du Sud qui d’habitude brisent la banquise et lui permettent de s’éloigner en petits fragments ne sont pas encore vraiment intervenus. Didier et moi sommes donc en attente de cette débâcle pour pouvoir pêcher nos vers et commencer le travail pour lequel nous sommes venus. Les gens qui sont venus pour faire des récoltes et observations en plongée sont en train de décider où ils creuseront des trous dans la banquise pour pouvoir plonger… Cela veut dire percer la glace sur 1.5 m d’épaisseur, avant de se glisser dans une eau à -1.8˚C !

Les hélicoptères continuent à faire des allers-retours entre le bateau et la terre pour décharger le ravitaillement pour les bases : Dumont d’Urville, Cap Prud’Homme à quelques kilomètres, et Concordia (base commune entre la France et l’Italie) qui se trouve à 1100 km. Cette dernière base sera approvisionnée par une caravane de véhicules se déplaçant à 10 km/h, par des températures atteignant -50˚C… Une autre aventure !

  Base de Dumont d’Urville, 15 Janvier 2014

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