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La tempête aura finalement duré deux jours, avec des vents à 130 km/h en pointe. Les manchots ont bien supporté la chose, attendant couchés au sol, au point d’être parfois recouverts de neige le lendemain matin. Les trous dans la banquise où nous pêchions ont été recouverts par de la neige accumulée. Les plongeurs ont dû creuser des trous pendant toute la matinée pour pouvoir reprendre leur travail sous-marin.

Didier et moi sommes allés relever notre nasse qui aura du coup passé près de 3 jours au fond. Cela n’est pas un gros problème du point de vue des animaux dedans mais nous aurions apprécié d’avoir d’autres récoltes. L’ouverture longue dans la glace où nous avions déployé la nasse était elle aussi recouverte de 50-60 cm de neige accumulée et mélangée avec de l’eau. Au final, nous avons passé une demi heure à creuser un trou assez large pour remonter notre nasse… qui ne contenait malheureusement pas grand-chose ! La banquise a quand même pas mal bougé et nous avons décidé de faire un nouveau déploiement ailleurs, plus près du laboratoire.

Les plongeurs ont dû creuser des trous pendant toute la matinée pour pouvoir reprendre leur travail sous-marin.

Les plongeurs ont dû creuser des trous pendant toute la matinée pour pouvoir reprendre leur travail sous-marin.

Base de Dumont d’Urville, le 29 Janvier 2014
Base de Dumont d’Urville, le 29 Janvier 2014

Un peu de science…

Nous avons mis à profit la période pendant la tempête pour faire quelques expériences sur des amphipodes (des petits crustacés proches des puces de mer que l’on voit sur le littoral). Cela nous permet de mettre au point les expériences que nous voulions faire sur les vers et aussi de rapporter des échantillons qui pourraient intéresser un de nos collègues à Roscoff. Dans une expérience, nous sommes partis de -1˚C avec une quarantaine d’animaux et avons progressivement fait monter la température (1˚C toutes les 10 minutes). Quand les animaux meurent, nous les récupérons pour les congeler et nous enregistrons la température à laquelle ils n’ont pas résisté. Au début, il ne se passe pas grand-chose puis, quand on approche une température critique, beaucoup ne supportent plus. Pour les amphipodes (espèce Waldbeckia obesa), cela s’est passé autour de 15˚C. Cette température est inférieure à celle en été en Bretagne. Cette montée de température n’est bien sur pas réaliste dans un scénario de réchauffement climatique. Elle nous donne cependant une idée de la sensibilité thermique de l’espèce. Des expériences similaires sur d’autres espèces ont montré que si la vitesse de montée est plus lente, la température critique diminue, jusqu’à atteindre une valeur limite qui nous donne la capacité de l’espèce sur le long terme.

amphipode (espèce Waldbeckia obesa)

amphipode (espèce Waldbeckia obesa)

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