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Notre voyage avec l’Astrolabe a commencé le 12 janvier. Notre 6ème jour de navigation, le 17, a été le plus riche et le plus intense. Après le grand calme des jours précédents, le temps a changé avec un ciel couvert, des petites averses de neige et un vent assez fort et assez froid venant de l’Antarctique s’est levé. La température de la mer était à zéro degré ! Soudain, dans l’après-midi, le vent a commencé à baisser, le ciel à s’éclaircir et les premiers icebergs au loin. Ils sont très vite devenus de plus en plus nombreux, la faune s'est mise à être plus abondante, oiseaux, baleines, et puis rapidement les "bergs" nous ont cerné, certains portant les premiers manchots. Peu de temps après nous avons aperçu une ligne blanche à l'horizon : le "pack". Le pack, ce sont des morceaux de banquise cassée qui restent plus ou moins collés les uns aux autres. Au départ, l'Astrolabe a contourné le pack, à la recherche d’une zone moins dense repérée sur une photo satellite. Quand nous l’avons trouvée, l’Astrolabe a foncé dedans à pleine vitesse...
 
Pénétrer le pack est une véritable épreuve physique. Stéphane l’a déjà vécu une fois, mais pour moi c’est une première étonnante. L'Astrolabe aborde les plaques de banquise pour les briser en deux ou pour les  repousser. Le choc est surprenant, extrêmement violent, si l'on ne se tient pas des deux mains, on peut voler, être balancé sur plusieurs mètres. C'est très fort physiquement. Le bruit est assourdissant. Normalement, sur un bateau, quand on entend un tel bruit, on doit chercher son poste d'abandon et les canots de sauvetage ! Sur "l'Astro", c'est normal...
 
Plus on a pénétré les glaces, plus la mer s'est faite d'huile entre les plaques de glace, plus le soleil s'est fait intense et plus les manchots ont été fréquents sur les plaques. Parfois, des phoques se prélassaient au loin sur la glace, quelques rorquals soufflaient dans les trous d’eau. Nous sommes arrivés en fin de soirée de samedi dans une polynie, une grande étendue d'eau libre entre les glaces, créée par les vents et les courants marins. Et au delà de la polynie, la banquise. La glace de mer d'un seul tenant, nous empêchant d'aller à DDU, à 18 km de nous. Cette bordure de banquise est le lieu d'une soudaine explosion de vie. Les manchots deviennent extrêmement abondants, "marsouinant" (nageant comme des marsouins) par bande de 20-30, se tenant en bordure de banquise devant les rorquals, ou alors se rendant en file indienne vers la lointaine terre ferme ou se trouve leur "nid". Les manchots, ceux-ci sont des manchots Adélie, doivent rapporter de la nourriture à leurs poussins en train de grossir pour un départ en mars.
 
L'Astrolabe s'est échoué volontairement sur la banquise et nous avons passé la "nuit" là. Il fait jour en permanence. Nous avons passé le cercle polaire à plus de 66°S et le soleil ne se couche qu'à peine. Les lumières sont fabuleuses, les manchots entourent le bateau, curieux. Au loin des énormes "bergs" bleutés, et à l'horizon, une bande blanche assez haute, le continent de glace, l'Antarctique...
première rencontre avec la glace (texte de Pierre)
Pierre (à gauche) et moi

Pierre (à gauche) et moi

première rencontre avec la glace (texte de Pierre)

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